Un homme paralysé remarche : une avancée dans la thérapie par cellules souches

Author Profile Image

- Updated by Jody Mullis
Medically reviewed by Dr Sidra Samad

  • Une étude récente a démontré le potentiel des cellules souches reprogrammées dans la régénération des neurones de la moelle épinière.
  • Pour la première fois, un participant paralysé a pu se tenir debout à nouveau et un autre a retrouvé le mouvement de ses membres.
  • Les chercheurs ont utilisé des cellules souches reprogrammées (cellules souches pluripotentes induites) au lieu de cellules souches fœtales, contournant ainsi les préoccupations éthiques.
  • Cette étude, menée au Japon sous la direction du Dr Hideyuki Okano, s'est principalement concentrée sur la sécurité, et non sur l'efficacité des résultats.
  • La reprogrammation cellulaire partielle, qui consiste à « rajeunir les cellules », a été essentielle à cette technique innovante.
  • Les avancées futures de cette thérapie pourraient atténuer les risques de chutes liés à l'âge en améliorant la régénération des neurones.

Pourquoi cela nous intéresse

Les passionnés de longévité s'intéressent de près aux avancées qui prolongent non seulement l'espérance de vie, mais aussi la santé fonctionnelle et la mobilité. Les lésions de la moelle épinière, en particulier chez les populations âgées, posent des défis importants à la qualité de vie. La capacité à restaurer les fonctions motrices par la régénération neuronale est extrêmement prometteuse. Bien que l'étude se soit principalement concentrée sur la sécurité, elle représente une étape monumentale vers le traitement des défis neurodégénératifs causés par le vieillissement et les blessures. De plus, l'utilisation de cellules reprogrammées ouvre des opportunités pour des avancées thérapeutiques généralisées et éthiquement acceptables, par opposition à l'utilisation de cellules embryonnaires ou fœtales.

Le détail

 

De quoi parle l'étude ?

Cette recherche de pointe menée par le Dr Hideyuki Okano et ses collègues met en lumière l'utilisation révolutionnaire de cellules souches reprogrammées—scientifiquement appelées cellules souches pluripotentes induites (iPSCs)—pour traiter les lésions de la moelle épinière. Publiée dans Nature, (voir), l'objectif central de l'étude était de démontrer la sécurité de l'injection de cellules souches reprogrammées chez des individus atteints de lésions de la moelle épinière.
Quatre hommes adultes—dont deux âgés de plus de 60 ans—ont été sélectionnés pour l'essai. Chaque participant avait subi des lésions graves de la moelle épinière caractérisées par une perte complète des fonctions motrices et sensorielles. Les procédures de transplantation de cellules souches ont eu lieu dans les semaines suivant ces lésions, suivies de six mois de traitement immunosuppresseur pour réduire le rejet par le système immunitaire.
Deux des participants ont montré des améliorations extraordinaires : l'un a marché pour la première fois depuis sa paralysie, tandis qu'un autre a retrouvé une mobilité limitée dans ses bras et ses jambes. Bien que les deux autres participants n'aient pas connu de changements significatifs, l'étude n'a pas été conçue pour mesurer l'efficacité—elle visait à confirmer la sécurité du traitement.

Que sont les iPSCs ?

Les cellules souches pluripotentes induites (iPSCs) sont créées en reprogrammant des cellules matures (souvent des cellules de la peau) pour les ramener à un état embryonnaire. Imaginez ce processus comme un rembobinage du développement cellulaire, rendant des cellules qui, une fois spécialisées, peuvent se transformer en de nombreux autres types de cellules—y compris les neurones de la moelle épinière. Ces cellules, qui évitent les préoccupations éthiques liées à l'utilisation de sources embryonnaires, imitent la pluripotence naturelle trouvée dans les cellules embryonnaires biologiques.
Les cellules reprogrammées visent à restaurer et à renouveler les tissus endommagés, y compris la moelle épinière. En utilisant une série de facteurs moléculaires spécifiques connus collectivement sous le nom de facteurs de Yamanaka (d'après le lauréat du prix Nobel Shinya Yamanaka), les scientifiques reprogramment les cellules pour qu'elles correspondent précisément aux besoins de la lésion.

Développement unique : Reprogrammation cellulaire partielle

La reprogrammation cellulaire partielle, dans laquelle les cellules sont rajeunies sans revenir complètement à des cellules souches, a joué un rôle dans cette thérapie. Cette technique révolutionnaire modifie le vieillissement cellulaire et favorise la régénération. Bien que prometteuse, les défis actuels incluent la gestion des effets indésirables comme la formation de tumeurs et l'assurance d'un contrôle précis des thérapies géniques.

Perspectives : Améliorer la mobilité et limiter les blessures

Pourquoi est-ce si important ? Parce que les chutes représentent un risque significatif pour la mobilité des personnes âgées. Par exemple, 1 personne sur 3 de plus de 65 ans subit des chutes annuelles, une cause majeure de lésions invalidantes de la moelle épinière. L'entraînement en résistance combiné à des exercices d'équilibre réduit les risques de chute de près de 23 %, selon des analyses à grande échelle. Combiner des exercices préventifs avec des thérapies de rajeunissement neuronal comme les iPSCs pourrait changer radicalement la façon dont nous vieillissons.
De plus, l'utilisation à long terme des facteurs de Yamanaka a montré des résultats prometteurs chez la souris pour inverser certains effets du vieillissement. Les scientifiques continuent d'affiner les moyens d'intégrer cette approche en toute sécurité dans les thérapies humaines.

Cette première étude humaine sur l'utilisation des iPSCs pour traiter les lésions de la moelle épinière met en lumière à la fois le vaste potentiel et les limites actuelles de cette thérapie. Bien qu'il soit encore tôt, la vision de restaurer une mobilité complète grâce aux cellules souches est désormais clairement envisagée.